Nanon de George Sand : une conscience libre dans la Révolution

Publié en 1872, Nanon est l’un des romans historiques les plus subtils de George Sand. La Révolution française y apparaît moins comme une suite de proclamations et de batailles que comme une transformation vécue depuis les marges. À travers le destin d’une jeune paysanne, l’écrivaine interroge ce que signifient réellement la liberté, l’égalité et la naissance d’une conscience autonome.

La Révolution vue d’en bas

Nanon n’appartient ni aux salons parisiens ni aux assemblées où s’élabore la loi nouvelle. Orpheline, pauvre et presque sans instruction, elle habite un monde rural encore soumis aux hiérarchies de l’Ancien Régime. C’est précisément ce point de vue qui donne au roman sa force. Les événements de 1789 ne sont pas seulement racontés ; ils sont éprouvés dans leurs conséquences concrètes, jusque dans les gestes, les liens de dépendance et la manière dont chacun apprend à se représenter sa propre dignité.

George Sand refuse toutefois la simplicité d’un récit où la Révolution délivrerait mécaniquement les humbles. L’abolition des privilèges ouvre un possible, mais elle ne supprime ni la violence, ni l’ignorance, ni les résistances sociales. La liberté politique n’acquiert de sens que si elle s’accompagne d’une conquête intérieure.

Apprendre pour devenir libre

L’émancipation de Nanon passe par l’éducation. Lire, comprendre et raisonner ne sont jamais présentés comme des ornements réservés aux classes favorisées. Ce sont les conditions d’une existence véritablement indépendante. La jeune femme ne reçoit pas passivement les idées nouvelles : elle les examine, les confronte à l’expérience et se forme un jugement.

Cette progression donne au roman la structure d’un apprentissage moral. Nanon ne renie ni son origine paysanne ni la connaissance concrète du travail. Elle transforme au contraire cette expérience en principe de lucidité. Là où certains personnages se laissent emporter par les mots d’ordre, elle conserve le sens de la mesure, de la responsabilité et de la réalité humaine.

Une histoire d’amour au-delà des rangs

La relation entre Nanon et Émilien, jeune noble promis à une destinée très éloignée de la sienne, permet à George Sand d’éprouver les promesses d’égalité dans l’espace le plus intime. Leur attachement ne saurait être séparé des différences de fortune, de culture et de naissance. Aimer devient une manière de contester l’ordre social, mais aussi de mesurer combien celui-ci survit dans les habitudes et dans les consciences.

Le roman évite pourtant la seule logique du conte sentimental. Nanon ne se définit pas par le regard d’Émilien. Sa valeur ne dépend ni d’un mariage avantageux ni d’une reconnaissance venue d’en haut. Elle construit son autonomie avant de pouvoir envisager une union fondée sur la réciprocité.

La lucidité politique de George Sand

Écrit après les bouleversements de 1870 et de la Commune de Paris, Nanon porte le regard rétrospectif d’une autrice qui connaît les espérances et les désillusions révolutionnaires. George Sand demeure fidèle à l’idéal d’émancipation, mais se méfie de la violence abstraite et des vertus proclamées sans égard pour les individus.

Cette nuance rend le livre particulièrement actuel. Le roman rappelle que les principes politiques les plus généreux peuvent demeurer vides si les conditions matérielles, l’éducation et la reconnaissance de l’autre ne leur donnent pas corps. La démocratie commence aussi dans la faculté de penser par soi-même.

Pourquoi redécouvrir Nanon

Moins célèbre que La Mare au Diable ou Consuelo, Nanon réunit pourtant plusieurs dimensions essentielles de l’œuvre sandienne : la dignité du monde rural, l’émancipation des femmes, la critique des hiérarchies et la recherche d’un ordre social fondé sur la justice plutôt que sur la naissance.

L’édition proposée sur Amazon, en langue française, est publiquement attribuée à John Temple Graves en qualité d’éditeur. Elle offre l’occasion de redécouvrir un roman historique accessible, porté par une héroïne dont l’intelligence tranquille résiste aux tumultes de son époque.

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Crise, corruption et écriture : deux romans politiques de J. A. Puig

L’heure du Léviathan y navigation de cabotage Ils abordent la politique à des échelles presque opposées. Le premier dévoile un vaste complot de mafias, de scandales financiers et de trafic d’influence ; La seconde observe le quotidien d’un individu partagé entre ses obligations et l’écriture. Ensemble, ils nous permettent de lire la crise non seulement comme un problème institutionnel, mais aussi comme une expérience qui transforme la conscience et le langage.

Deux échelles de crise

Le roman politique peut représenter les parlements, les partis et les grandes décisions, mais aussi les effets moins visibles du pouvoir : précarité, frustration, auto-illusion et perte d’horizons. Ces deux ouvrages travaillent à ces niveaux de manière complémentaire. On agrandit la carte ; l’autre réduit le champ jusqu’à suivre les mouvements d’une conscience.

Cela ne veut pas dire que tout roman sur la corruption soit un document ni que tout roman d’introspection soit autobiographique. La fiction sélectionne, combine et déforme les matériaux sociaux pour construire une expérience lisible. Sa valeur critique dépend de cette élaboration, et non d’une équivalence immédiate avec des personnes ou des cas réels.

L’heure du Léviathan: pouvoir économique, criminalité et représentation sociale

L’œuvre construit un large éventail de personnages pour représenter le monde qui a produit une crise financière et sociale. L’inspiration reconnaissable des affaires de corruption et des opérations contre le crime organisé fournit un point d’appui contemporain, mais l’intrigue ne se limite pas à la reconstitution d’un dossier. Mafias, finance, police, médias et intérêts politiques forment un réseau dans lequel chaque acteur ne détient qu’une partie de l’information.

Le titre fait référence à la figure du pouvoir souverain, même si le roman montre un pouvoir dispersé. Les décisions ne viennent pas d’un seul centre : elles circulent entre les organisations légales et illégales, les capitaux, les faveurs et les histoires publiques. Cette structure explique son croisement entre les genres. C’est un roman politique pour son objet, noir pour ses mécanismes criminels et thriller pour la gestion des risques et de l’information.

Le blog de l’auteur propose un résumé du roman et aussi préserver l’œuvre dans vos archives littéraires. Ces matériaux permettent de situer sa finalité et son développement sans remplacer la lecture du volume.

Éditions disponibles : voir L’heure du Léviathan à Bubok, consulter l’édition numérique sur Smashwords, voir toutes les librairies numériques disponibles sur Books2Read o consultez l’ebook sur Kobo.

navigation de cabotage: l’écriture et le quotidien

Le cabotage est une navigation proche des côtes, faite d’itinéraires limités et de références rapprochées. La métaphore permet de décrire l’existence de Guillermo Trilla, qui oscille entre le devoir quotidien et le besoin d’écrire. Face à l’amplitude chorale de L’heure du Léviathan, ce roman adopte une échelle biographique et psychologique.

La frustration du personnage n’est pas présentée comme un problème purement privé. Leurs routines, leur rapport au travail et leurs aspirations littéraires sont conditionnés par un environnement social qui mesure le temps, l’utilité et la réussite. La satire naît de la distance entre les grands discours avec lesquels une vie s’explique et les modestes manœuvres avec lesquelles cette vie parvient à se poursuivre.

L’écriture joue une fonction ambivalente. Il offre une forme de résistance et d’ordre, mais il peut aussi devenir un refuge, un sursis ou une fiction sur soi-même. La mémoire tourne la page et, ce faisant, cesse d’être un enregistrement innocent. Un destinataire est sélectionné, composé et acquis.

Éditions disponibles : voir navigation de cabotage à Bubok, consulter l’édition numérique sur Smashwords, voir toutes les librairies numériques disponibles sur Books2Read o acheter l’édition imprimée via BookVault / The Great British Bookshop.

Du réseau électrique à la conscience individuelle

Lus ensemble, les romans évitent deux simplifications courantes. La première serait de réduire la corruption au comportement exceptionnel de quelques individus ; L’heure du Léviathan insiste sur les réseaux qui permettent et normalisent ces comportements. La seconde consisterait à considérer le mal-être personnel en dehors de l’organisation sociale ; navigation de cabotage montre comment les rythmes collectifs pénètrent l’intimité.

Ils partagent également une préoccupation pour les histoires qu’une société raconte sur elle-même. Dans le complot criminel, ces récits prennent la forme de versions officielles, d’actualités et d’alibis. Dans le roman de Guillermo Trilla, ils apparaissent comme des souvenirs et des projets d’écriture. La politique devient alors un problème de langage : qui peut imposer une explication, ce qui en est exclu et comment la fiction rend visible cette exclusion.

Quelle lecture choisir

L’heure du Léviathan Il s’adresse particulièrement à ceux qui recherchent un récit choral étendu proche du thriller politique. navigation de cabotage propose une expérience plus concentrée, ironique et introspective. Ce ne sont pas des ouvrages équivalents, mais ce sont deux approches compatibles du lien entre pouvoir, crise et représentation.

Le catalogue complet peut être consulté sur Bibliothèque Loft à Payhip, il profil de bubok et le Profil de J. A. Puig sur Smashwords.

Traduction automatique de l’article original. La langue de cette page ne détermine pas celle du livre : les liens d’achat renvoient aux éditions indiquées, y compris dans leur langue d’origine.

Chroniques de Sajará : mémoire familiale et histoire espagnole en trois romans

Chroniques de Sakhara rassemble trois romans –L’Acropole des Marais, Jours de mur et de pain noir y retour au point— qui suivent la famille Colliure à travers plusieurs décennies de l’histoire espagnole. Lus dans l’ordre, ils forment une saga familiale ; Considérés séparément, ils proposent trois sections différentes sur la formation d’une société, la guerre civile et l’après-guerre.

Sajará : un espace fictif aux coordonnées reconnaissables

L’action se déroule à Sajará, une ville imaginaire proche de la Méditerranée et de l’Albufera. Ce déplacement par rapport à la géographie littérale permet au lieu de fonctionner comme plus qu’une simple scène. Le paysage de rizières, de marécages, d’ouvrages hydrauliques et de petites propriétés organise les relations économiques et familiales ; En même temps, la ville concentre des conflits qui font référence à l’histoire contemporaine de l’Espagne.

La procédure ne consiste pas à déguiser une véritable commune sous un autre nom. Sajará est construit comme un territoire narratif autonome, capable de condenser des expériences collectives sans se réduire à un document historique. L’auteur lui-même présente dans son texte cet espace comme mythique et lié à la conscience hispanique. «L’acropole des marais».

L’Acropole des Marais: origine et fracture d’une famille

Le premier volet établit le monde de Colliure et les changements sociaux qui l’ont traversé avant la guerre civile. La famille offre une échelle narrative particulièrement utile : les processus politiques apparaissent non pas comme une énumération d’événements, mais comme des forces qui modifient le travail, la propriété, la loyauté et l’autorité au sein du foyer.

Le noyau dramatique est la confrontation générationnelle entre le chef de famille et son premier-né. Autour de cette rupture se déploie une société en transformation, marquée par le mouvement ouvrier, les inégalités et l’éloignement entre valeurs héritées et aspirations modernes. Quiconque souhaite connaître la formulation du projet par l’auteur peut consulter son résumé du roman.

Éditions disponibles : voir L’Acropole des Marais à Bubok, consulter l’édition numérique sur Smashwords o voir toutes les librairies numériques disponibles sur Books2Read.

Jours de mur et de pain noir: la guerre par l’arrière

Le deuxième roman emmène la saga à l’été 1936 et à l’arrière-garde républicaine valencienne. Son intérêt spécifique réside dans la perspective locale : la guerre n’est pas observée seulement à partir des fronts ou des décisions des grands dirigeants, mais à partir d’une communauté où l’ordre quotidien s’effondre et la violence politique réorganise les liens antérieurs.

La continuité familiale évite que le conflit apparaisse comme un épisode isolé. Les personnages lui viennent avec des griefs, des affections, des intérêts et des convictions déjà formés. De cette manière, le roman peut s’intéresser à la fois à la dimension idéologique et à l’expérience matérielle de la peur, de la pénurie et des représailles. Le blog de l’auteur conserve un présentation de l’œuvre et de son contexte.

Éditions disponibles : voir Jours de mur et de pain noir à Bubok, consulter l’édition numérique sur Smashwords, acheter l’ebook sur Apple Books o regarde-le sur Kobo.

retour au point: survie, mémoire et après-guerre

Le troisième volet traite de la période qui a suivi la défaite républicaine. José Colliure retourne au taxi après avoir rejeté les substituts d’emploi que lui propose le nouvel ordre. Le véhicule et la ville de province constituent un observatoire mobile : ils permettent de traverser les couches sociales, d’écouter des versions contradictoires et de montrer comment la répression et l’accommodement pénètrent la vie ordinaire.

La période d’après-guerre n’apparaît donc pas comme un simple épilogue. C’est une phase avec ses propres règles morales, professionnelles et politiques. L’idéalisme du protagoniste est confronté au besoin de survivre, et la mémoire devient à la fois un fardeau, un matériau de défense et un matériau narratif. Alba Longa a déjà consacré une analyse spécifique à cet épisode : «Retour au point, un roman de la mémoire, de la dissidence et de la forme».

Éditions disponibles : voir retour au point à Bubok, consulter l’édition numérique sur Smashwords o acheter l’ebook sur Apple Books.

Comment lire la trilogie

L’ordre de publication est également le plus clair pour suivre l’évolution des personnages : L’Acropole des Marais, Jours de mur et de pain noir y retour au point. Cependant, chaque volume délimite une période et possède son propre conflit central. Une unité profonde naît de la combinaison de la mémoire familiale et de la transformation historique.

Pour découvrir d’autres œuvres du même catalogue, vous pouvez visiter le Bibliothèque Loft à Payhip, il profil de l’auteur sur Bubok ou son catalogue sur Smashwords.

Continuer la saga : Retour au point

Pour ceux qui souhaitent avancer jusqu’à l’après-guerre et suivre les conséquences des conflits familiaux relatés dans les tomes précédents, retour au point propose le troisième volet de Chroniques de Sakhara. Son dossier éditorial permet de consulter les données bibliographiques et les librairies qui distribuent l’édition imprimée.

Fichiers éditoriaux et ISBN

Alba Longa rassemble désormais les notices bibliographiques permanentes des trois éditions imprimées avec leur propre ISBN : L’Acropole des Marais -ISBN9788409723966, Jours de mur et de pain noir -ISBN9788409734443 y retour au point -ISBN9788409855391. Pour un aperçu de l’auteur, voir aussi le dossier de José Alemany Puig.

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L’architecture du crime

En résumé : le roman policier distribue des indices, des silences et des points de vue pour réguler ce que savent le détective et le lecteur. Cet article examine cette architecture narrative.

Comment se construit la connaissance criminelle

Tout crime narratif est aussi un problème de construction. Avant qu'apparaisse un cadavre, une enquête ou un coupable, le romancier a déjà commencé à décider ce que le lecteur pourra savoir, de quelle conscience il observera les événements, dans quel ordre il recevra l'information et quel sens acquerra chaque silence. Le roman policier naît de cette architecture invisible.

L'architecture du crime. Narratologie et techniques de composition dans le roman policier du XXIe siècle est un vaste ouvrage de référence consacré à l'étude de la manière dont les auteurs les plus éminents de la fiction policière contemporaine ont utilisé, transformé et poussé les ressources de la narratologie moderne jusqu'à leurs conséquences ultimes.

Alba Longa examine les stratégies de composition qui permettent de transformer une enquête en une expérience intellectuelle, émotionnelle et morale. La focalisation, le point de vue, le narrateur peu fiable, la manipulation du temps, la gestion des indices, les points de suspension, le suspense, la surprise, le rebondissement, la construction des personnages, le dialogue, le sous-texte et la configuration de l'espace sont analysés comme des éléments d'un système narratif dans lequel chaque décision modifie l'expérience du lecteur.

La réflexion théorique s'appuie sur les contributions fondamentales de Gérard Genette, Mikhaïl Bakhtine, Paul Ricœur, Tzvetan Todorov et d'autres chercheurs en narration, ainsi que sur les développements de la narratologie cognitive. Cependant, le livre ne se limite pas à exposer des concepts abstraits. Il les met à l'épreuve en analysant des œuvres spécifiques de Tana French, Pierre Lemaitre, Leonardo Padura, Fred Vargas, Gillian Flynn, Michael Connelly, Don Winslow, Keigo Higashino et de nombreux représentants des différentes traditions internationales du polar.

Cette visite nous permet de comprendre comment le genre a évolué au cours du 21e siècle. Le détective n’est plus nécessairement le centre incontesté de l’histoire ; la victime retrouve la voix et la mémoire ; la ville cesse de fonctionner comme un simple décor et devient une force narrative ; Les enquêtes criminelles sont étroitement liées aux conflits de classe, de genre, d’identité, de corruption, de pouvoir et de mémoire historique. La vérité cesse d’être une réponse unique et commence à se manifester comme une réalité fragmentaire, contestée et parfois impossible à restaurer complètement.

L'ouvrage accorde une attention particulière aux relations entre l'auteur, le texte et le lecteur. Un roman policier efficace n’est pas celui qui cache arbitrairement sa solution, mais plutôt celui qui oriente l’interprétation sans l’annuler. Le lecteur participe à l'enquête, évalue les témoignages, établit des liens et revoit ses propres hypothèses. Ainsi, le suspense ne dépend pas seulement de ce qui va se passer, mais de ce que chaque nouvelle révélation nous oblige à réinterpréter.

Conçu pour les écrivains, les lecteurs, les critiques, les enseignants et les étudiants, ce volume allie profondeur théorique, clarté explicative et application pratique. Ses annexes, schémas d'analyse, outils de composition, glossaire, chronologie, atlas, bibliographie et index spécialisés lui permettent d'être utilisé comme manuel de référence durant toutes les étapes de rédaction : de la conception initiale à la révision du manuscrit.

L'architecture du crime elle ne propose pas de formules conçues pour produire des romans identiques. Son objectif est plus ambitieux : montrer les possibilités qui s'ouvrent lorsque l'écrivain comprend le fonctionnement profond d'un récit criminel. Car connaître la technique n’élimine pas le mystère de la création ; permet de le construire avec plus de liberté, de précision et de puissance.

Un guide exhaustif pour découvrir comment le crime se dessine sur la page, comment l'information se transforme en tension et comment un roman peut conduire le lecteur vers la vérité tout en le confrontant à ses zones les plus sombres.

Si vous souhaitez développer cette méthode d’analyse – structure, indices, focalisation et production de connaissances –, L'architecture du crime l'étudie systématiquement.

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Retour au point, un roman de la mémoire, de la dissidence et de la forme

   Dans un panorama littéraire saturé d'histoires faciles à consommer, retour au point, de José Alemany Puig, apparaît comme une œuvre exigeante, lucide et profondément morale. Troisième tome du cycle Chroniques de Sakhara, ce roman confirme qu'il est encore possible de raconter la mémoire collective à partir de l'intelligence formelle et de l'intensité éthique. Avec un style qui fait référence aux grands explorateurs du langage narratif – Rafael Chirbes, Juan Benet ou Almudena Grandes –, Alemany construit une fiction où la vérité n'est pas proclamée : elle est étudiée.

   Le roman alterne trois registres narratifs : les cahiers manuscrits du père et du grand-père de Colliure, et une voix extérieure qui, à juste distance, organise les fragments. Ce jeu polyphonique ne cherche pas à faire des vantardises structurelles, mais plutôt à tester les différentes versions de l'histoire. Dans retour au point, chaque témoignage est confronté à un autre, et chaque mémoire privée se mesure à la mémoire collective. Ainsi, la vérité devient un processus et non un dogme.

   L'intrigue se déroule dans une petite ville de province, où José Colliure revient gagner sa vie comme chauffeur de taxi après avoir rejeté les faveurs du régime franquiste. Dans les cafés et les casinos locaux, son opposition publique le met face à de vieux amis, à la suspicion et, finalement, à l'isolement. Leur résistance n’est ni héroïque ni pamphlétaire : elle est civile, quotidienne, articulée en gestes et en silences. Une grande partie de la force du roman réside dans cette vision morale sans rhétorique.

   Une intrigue d’intrigue se superpose à cette base réaliste. L'assassinat de Rosendo Palacios et les enquêtes du sergent Calatayud introduisent une dimension romanesque qui fonctionne comme un moteur éthique : chaque crime est une question de responsabilité. L'enquête déplace sans cesse les hypothèses : vengeance politique ou passion amoureuse ? – et, ce faisant, expose les mécanismes de la vérité manipulée. Ce qui semble être une « affaire résolue » se révèle être une mise en scène calculée de la part de Santiago Palau, fils de l’ancien maire républicain exécuté : un homme qui, dans son désir de justice, finit par construire un théâtre de tromperie.

   Dans le dernier fragment, le lecteur assiste au dénouement de cette machinerie narrative : les corps, les lettres, les rapports, les pluies et les silences s'enchaînent avec une précision quasi médico-légale. Quand la vérité éclate enfin, il est trop tard. La clarté vient avec la cessation de la pluie, sous un ciel étoilé qui fait plus qu'illuminer les phrases.

   Rien dans les écrits d’Alemany n’est accessoire. Sa prose, dense mais respirante, est faite de phrases longues et minutieuses qui allient élégance et justesse. Les espaces – le casino « La Linterna », le marais, les rues inondées – agissent comme des témoins de la conscience. La pluie persistante, qui imprègne le récit du début à la fin, est une métaphore d’une Espagne qui n’a pas encore séché ses blessures. Le roman démontre que le style peut être une forme d’éthique : écrire avec précision, c’est aussi résister au mensonge.

   retour au point C'est aussi un roman d'héritages croisés. Trois générations – grand-père, père et fils – racontent, se souviennent et corrigent le passé. Cette structure chorale transforme la saga familiale en miroir de l'histoire du pays : chaque voix réécrit la précédente, et dans cette relecture s'articule la possibilité d'une vérité partagée. La mémoire, ici, n’est pas une accumulation de souvenirs, mais un acte de responsabilité.

   Loin des reconstitutions nostalgiques ou des discours de vengeance, Alemany propose une littérature qui observe et raisonne. La présence de journaux intimes, de lettres et de confessions n'est pas une ressource esthétique, mais une déclaration de principes : si la société se construit sur des silences, la littérature doit être le lieu où ces silences sont brisés. Comme le souligne Paul Ricœur, se souvenir, c'est aussi interpréter ; et ce roman se situe exactement sur ce territoire où la mémoire devient connaissance.

   À l'époque de la polarisation et des histoires faciles, retour au point Il défend que la mémoire continue d'être un espace d'intelligence. Relire l’après-guerre n’implique pas d’ouvrir d’anciennes blessures, mais plutôt d’apprendre à les regarder sans crainte. Alemany Puig fait du récit un laboratoire moral : un lieu où la vérité est recherchée avec la rigueur de l'historien, la sensibilité du poète et la patience du juge.

   En bref, retour au point Il ne s’agit pas seulement de la suite d’une saga littéraire ; défend une tradition : celle des écrivains qui comprennent que raconter n'est pas endoctriner, mais réfléchir. Et dans cet engagement envers la mémoire comme forme de lucidité, José Alemany Puig écrit l'un des romans les plus solides et les plus nécessaires de la scène espagnole actuelle.

https://books2read.com/ap/nlkMyA/JA-Puig

Où trouver Retour au point

L'édition imprimée de retour au point a son propre ISBN 9788409855391 et distribution internationale via Ingram. Le profil éditorial permanent d'Alba Longa Il rassemble des données bibliographiques et des liens de disponibilité internationale. Vous pouvez également consulter le dossier de José Alemany Puig et la présentation conjointe de Chroniques de Sakhara.

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Le Conspirateur de Genève : le roman qui révèle ce que personne n’ose dire

Jusqu’où seriez-vous prêt à aller pour découvrir la vérité ? Le conspirateur genevois Ce n'est pas qu'un roman : c'est un voyage au cœur même des complots qui ont marqué l'histoire récente de France. Les affaires Clearstream, Elf, Taiwan frégates et Rhodia ont laissé derrière elles une série d'intrigues politiques, de manœuvres financières et de scandales qui, encore aujourd'hui, continuent de résonner dans les tribunaux et dans les journaux.

Inspiré par ce véritable magma, le roman construit un thriller implacable dans lequel banquiers, ministres et cadres se livrent à un jeu sans règles. Paul Reitzenstein, héritier d'une dynastie financière, devient l'épicentre d'une lutte acharnée où rien n'est ce qu'il paraît et où chaque alliance dissimule une trahison. Réunions secrètes à minuit, dossiers disparus, fortunes qui changent de mains en quelques heures : le lecteur avance page après page avec le sentiment d'être témoin d'un secret interdit.

Ce qui différencie Le conspirateur genevois des autres romans du genre est son style. Avec des images puissantes et un rythme qui allie la tension du thriller à la densité littéraire, l'auteur fait du lac Léman, des bureaux tapissés et des hôtels particuliers gardés des personnages à part entière. Ce n’est pas seulement une histoire de pouvoir : c’est une expérience sensorielle qui entoure le lecteur dans un environnement de suspicion constante.

Si vous aimez les romans où le suspense politique se mêle au portrait psychologique de personnages complexes, Le conspirateur genevois est votre prochaine lecture essentielle. Une œuvre qui rappelle qu’à la frontière entre vérité et mensonge, il y a toujours quelqu’un prêt à tirer les ficelles.

Êtes-vous prêt à vous plonger dans le complot ?

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Les masques parlent toujours avec un accent anglais

Le récit s’ouvre sur une scène apparemment technique — la restauration picturale menée par Clara Bardés — et se déploie très vite en une machination qui dépasse la sphère de l’art pour atteindre les arcanes du pouvoir, de la foi et de la violence.
La cathédrale de Notre-Dame, lieu de conservation et de mémoire, fonctionne ici comme un dispositif romanesque à la fois sacré et profane, espace de restauration et d’horreur, ce qui confère à l’intrigue une tension éthique constante. La référence patrimoniale implicite dans le motif de la restauration renvoie à la fragilité des monuments et à la vulnérabilité symbolique des lieux partagés par la communauté.

Sur le plan des personnages, la galerie est dominée par des figures archétypales et monstrueuses : Bemoz, le Grand Batracio, Ergaster, le tortionnaire, et le commissaire Tynianov, figure de la vigilance rationnelle.
Ces figures sont présentées avec une économie de traits qui ressemble à la gravure ; elles incarnent des fonctions plutôt que de simples psychologies. Cela permet à l’auteur de tisser une fable politico-religieuse où l’attrait du pouvoir et l’usage instrumental de la violence se lisent comme des procédures froides et calculées.

La langue des fragments propose un mélange de mécanique narrative et d’images baroques : la table pantagruélique de Bemoz, ses éructations gargantuesques, la description clinique des vengeances planifiées.
Cette juxtaposition crée un effet de distanciation qui n’empêche pas la montée d’une horreur tangible. Au contraire, elle la rend plus insidieuse, car la monstruosité se nourrit de la planification administrative et de l’apparente sérénité des apparats.

Sur le plan thématique, le roman interroge la manière dont les institutions (l’Église, l’État, les conspirateurs) instrumentalisent les symboles pour fabriquer du consentement ou pour étouffer le conflit social.
La séquence où Bemoz imagine l’effet d’un incendie provoquant l’union sacrée du corps social est d’une cruauté politique saisissante : elle articule une mécanique du spectacle émotionnel et de la manipulation des masses, rappelant que la démoralisation peut être une arme stratégique.

Du point de vue policier, Tynianov incarne la vigilance que requiert la démocratie face aux opérations secrètes. Sa solitude et sa réflexion prudente sur les présomptions et l’absence de preuves éclairent la question héritée du droit criminel : comment fonder l’intervention lorsque les indices manquent et lorsque les puissances qui ordonnent sont elles-mêmes protégées ?
Cette interrogation devient un fil conducteur moral du roman, qui ne sacrifie jamais la complexité des décisions à l’efficacité spectaculaire.

Sur le plan esthétique, l’auteur use d’un mélange d’ironie caustique et de gravité tragique. Le style prend plaisir à décrire la démesure (repas, festins, orgies de pouvoir) tout en gardant un regard clinique sur la décadence morale de ses personnages.
Cette double tonalité confère au roman une densité qui force le lecteur à osciller entre révolte et compréhension lucide des mécanismes.

En conclusion, Les masques parlent toujours avec un accent anglais se présente comme un thriller d’envergure politique et symbolique, dont la force tient à la conjugaison d’un lieu chargé (la cathédrale), d’une galerie de monstres organisés en hiérarchie et d’une réflexion sur les instruments du pouvoir et de la restauration.
Le roman n’offre pas de consolation facile ; il pose au contraire la question du prix à payer pour la vérité et de la responsabilité des institutions face au maintien ou à la dissolution du bien commun.

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LES MASQUES PARLENT TOUJOURS AVEC UN ACCENT ANGLAIS

Clara Bardés, petite-fille d’un célèbre peintre aujourd’hui décédé, a été engagée pour restaurer une série de tableaux, certains datant du Moyen Âge, conservés dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. Au cours d’une visite qu’elle effectue seule dans la partie supérieure du bâtiment, alors que les touristes sont déjà partis, elle y remarque la silhouette difforme d’Ergaster, un tortionnaire pervers qu’elle croyait mort et dont elle aurait pu être, trois ans auparavant, une victime de plus, avec le professeur Alba Longa, sans l´intervention au dernier moment du commissaire Tynianov. La cathédrale s’est refermée derrière elle et le criminel, qui ne l’avait apparemment pas vue, est resté à l’intérieur. Une fois dans son appartement, terrifiée, elle appela Alba Longa et celui-ci contacta Tynianov. Entre les trois, tirant le fil de la présence dans la cathédrale de ce meurtrier, spécialiste de la soi-disant « mort aux mille coupures », ils découvrent une terrible conspiration, dont les conséquences désastreuses sont attendues pour les prochains jours.

I

   Deuxième année du règne de Macron. Comme nous l’avions prévu dans le livre précédent, la France est sous le signe du chaos et de la désolation. Pour le vingtième samedi consécutif, les rues de Paris et des principales villes du pays sont le théâtre d’un affrontement, violent et intransigeant, entre un peuple et une police qui s’est inconditionnellement placée aux ordres d’une élite ; laquelle, par une procédure antidémocratique et corruptrice d’un système politique, déjà défectueux, s’est emparé illégitimement de tous les organes du pouvoir et n’est pas disposée à céder d´un pouce aux protestations massives de tout un corps social, dont le niveau de vie a été dangereusement dégradé par les différents gouvernements précédents, dans lesquels elle dominait déjà,  bien que pas avec l’arrogance, avec la morgue, avec le mépris absolu et sans faille qu´elle le fait maintenant, complètement dépourvue de tout sentiment humanitaire envers  ceux qui n’ont pas d’autre choix que de vivre du travail salarié.

   La confiance d’un peuple dans ses institutions a été irrémédiablement brisée et, au mieux, il faudra des décennies, peut-être des générations, pour la reconstruire. La réalité que, il y a seulement quelques mois, les masses ne voyaient pas, ou ne voulaient pas voir, apparaît maintenant avec des contours si nets et si éblouissants qu’ils blessent la vue du contemplateur et seulement avec une dose excessive et débridée d’hypocrisie et d’impudeur, les médias, également sous l’attelle de cette élite qui les finance et les possède,  croient qu’ils peuvent atténuer les effets d’une révélation aussi percutante et puissante ; mais avec cela, ils ne parviennent qu’à allonger et à approfondir le fossé qui sépare la majeure partie des masses populaires des sources officielles d’information, de toute forme de discours qui émane du pouvoir établi, sauf celui propagé, plus ou moins librement, par les nouveaux instruments de communication, à travers Internet et les dernières technologies. Pour cette raison, de nombreux journalistes sont violemment expulsés des manifestations.

Chaque samedi, le cœur des  grandes métropoles françaises, dont Paris, est enveloppé du voile des gaz lacrymogènes, de la fumée des voitures et des bâtiments en feu ; ils résonnent de l’explosion des grenades de dispersion, des tirs de LBD, des proclamations, des slogans, des insultes, des défis, des provocations ; il se pare des couleurs variées des drapeaux les plus divers et opposés,  des bannières griffonnées et du gilet jaune que, jadis, ces mêmes élites, ont eu le malheur d’imposer, selon la lettre de marque consistant à faire un catalogue exhaustif de bonnes intentions, afin de les exploiter industriellement et d’en faire un commerce lucratif et exclusif. Aujourd’hui, tout le monde possède un de ces gilets jaunes, par obligation, – per opus », par nécessité. Et ils peignent les villes d’un printemps acide, citron ou colza, jaune.

   La police anti-émeute a reçu l’ordre de viser les visages des manifestants, dans le but évident de semer la terreur, de mettre fin aux manifestations par l’arme de l’horreur et de l´épouvante. Il y a déjà une vingtaine de borgnes, à cause de ces balles en caoutchouc, plusieurs pieds et mains arrachés, par l’explosion de grenades lacrymogènes. Et les commandants de police porteront devant l’histoire l’incommensurable responsabilité d’avoir obéi à de tels ordres venant d’une infime minorité dirigeante qui, pour sauver leurs privilèges, n’hésite pas à déshonorer la Nation devant le monde, à mutiler, à battre, à humilier les citoyens mêmes qu’elle a l’obligation de protéger et de gouverner. D’innombrables témoignages choquants montrent des policiers pointant leurs armes, inutilement, vers le haut, vers les visages de ceux qui sont là, dans la rue qui appartient à tous, pour défendre le pain et l’avenir de leurs enfants.

   Derrière la police anti-émeute sont concentrées les hordes de la BAC, prêtes au raid par surprise, à l’assaut foudroyant qui frappe avec des matraques, avec les mains, qui pousse et renverse avec leurs corps blindés par toutes sortes de protections, qui choisit une victime, qu’elle soit homme, femme ou adolescent, pour la jeter à terre de quelque manière que ce soit,  en la poussant, la traînant, des cheveux, si c’est une femme et y offre une meilleure prise, puis ils l´immobilisent au sol, la couvrent, la cachent des yeux et des objectifs des curieux, frappent sa tête contre le pavée, la tiennent avec leur genou, avec tout le poids de leurs corps. Enfin, ils encerclent les noyaux de manifestants, les cernent, et lancent des grenades lacrymogènes au milieu d´eux.

   Mais aujourd’hui, une dictature ne peut pas durer longtemps, même si elle revêt l’habit solennel d’une pseudo-démocratie, d’un substitut grossier à la démocratie, même si elle est dotée d’un formidable et tout-puissant appareil de propagande, car il y a Internet et les téléphones portables qui filment et diffusent, sur place, les scènes qu’ils captent, à la ville et au monde.

   L’oligarchie, qui avait cru à la fin de l’histoire, c’est pourquoi elle a progressivement laissé tomber une partie du masque, le voile pieux et occasionnel qui cachait sa laideur morale, est maintenant menacée dans son cœur, dans sa moelle, dans tout le temple où le dieu du mensonge, la propagande, le mythe vide et l’égoïsme, est vénéré, de sorte que, face à l’urgence, elle ne craint pas de laisser tomber le reste du masque et de faire un usage ouvert et franc de la violence, tant qu´elle conserve la maîtrise de la force.

   Cependant, le blâme pour tout ce mépris, pour tout ce désordre superlatif, ne peut être octroyé à un seul homme. Bien que cet homme, Macron, ait contribué, avec une efficacité redoutable, au moyen de formules discursives absolument délirantes, redoutables dans leur irresponsabilité, par une attitude gratuitement provocatrice dont l’arrogance excessive ne peut être comparée, selon un journal britannique, qu´à son incompétence, à verser, non pas de l’huile sur le feu, mais de l’essence, du kérosène, sur toute une société en flammes,  sur une nation qui brûle des quatre côtés, sur un peuple enflammé pour une raison hautement combustible, précisément à cause du haut degré de vérité et de justice dans ses exigences.

   Non, il ne suffit pas d´un seul homme pour générer une telle dimension dans le chaos, dans l’exaspération généralisée, dans la confrontation de tous les corps et couches de la société et même de ses institutions. Il fallait aussi qu’il soit entouré, comme dirait un grand écrivain latinoaméricain, d´une cafila de mampolones (une sorte de troupeau d´incompétents) la plus spectaculaire que l’on puisse imaginer. Jamais dans la vie du monde une telle collection d’incapables n’a été vue monopoliser complètement tous les postes de responsabilité de l’une des grandes nations de la planète. Il semblerait qu’en raison de l’absence d’un véritable parti politique de tradition auprès de ce gouvernement, la totalité absolue des hautes fonctions de l’État, y compris les ministères, ait été accordée aux écoliers qui, lors des dernières élections présidentielles, ont frappé aux portes des maisons pour faire de la propagande électorale pour leur candidat. De ce candidat qui refusait de participer aux primaires d’un parti dans lequel il n’avait jamais été actif et auquel il n’avait jamais cru, mais qui lui était utile pour prospérer et aussi pour s’agripper au pouvoir. Tout ce peloton de gens inexpérimentés, de débutants politiques, d’enfants gâtés par un berceau de privilégiés, se retrouvait, du jour au lendemain, sans y croire eux-mêmes, ministres avec tel ou tel portefeuille, sous-secrétaires de tel ou tel ministère, conseillers d´un cabinet de l’au-delà. Et ensemble, ils ont créé, en quelques mois, la plus grande crise qui ait éclaté dans le monde occidental après la Seconde Guerre mondiale.

   Pire encore, ils sont au premier rang pour résoudre ce qu’un homme de l´étoffe d’un De Gaulle ou d’un Mitterrand n’aurait peut-être pas suffi.

   Lorsque cela sera terminé, comment ne pas demander des comptes, non pas à ce troupeau d’écoliers, mais aux plus hauts niveaux de la finance et des médias qui ont rendu possible, à force de millions et de propagande, que cela se produise ?

   Dans le même temps, à l’Union européenne, les vents contraires n’ont jamais soufflé aussi furieusement et les élections prévues pour le 26 mai menacent de déclencher une tempête sans précédent. Les Britanniques n’ont pas encore pu partir. Ils se retrouvent avec un pied dedans et un pied dehors, dans une situation transitoire inconfortable qui génère une frustration dont le contour dépasse celui des îles et s’étend au continent. Cependant, le pire serait s’ils réussissaient à partir et absolument rien ne se passait. Bien que, le vrai coup de poignard, la vraie catastrophe de désintégration, serait le fait que, non seulement rien ne se passe, mais, au contraire, cela se passe très bien. Et n´en parlons pas s’ils réussissent à faire mieux qu´avant et mieux que nous.

   Les pays d’Europe de l’Est ne tolèrent plus l’immigration sauvage. Les classes moyennes du Sud sont fatiguées de payer des impôts, de ne pas en voir les bénéfices et de s’appauvrir au vu et au su de tous. Seuls l’Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark et les pays devenus paradis fiscaux s’en sortent bien. Mais un homme est un vote et les mélopées, litanies et autres chants du politiquement correct ne sont plus aussi efficaces qu’ils l’étaient autrefois, avant la révolution de 2018.

   La situation est grave.

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LES SIGNES AVANT-COUREURS DANS LA SÉRIE « ALBA LONGA ».

Le roman noir est un genre littéraire qui se caractérise par son contenu sombre et ses intrigues criminelles. Il se concentre souvent sur des thèmes tels que le meurtre, la corruption et la vengeance, et a tendance à présenter une atmosphère tendue et sombre.

L’une des caractéristiques les plus distinctives du roman noir est son protagoniste, le détective ou le détective privé, qui est souvent un personnage cynique et chargé de problèmes personnels, mais en même temps une personne intelligente et perspicace, capable de résoudre les crimes les plus complexes.

Une autre particularité importante est le cadre, qui est généralement urbain et se déroule dans un environnement hostile et dangereux, où la violence et la criminalité sont constantes. Les romans policiers sont souvent le reflet de la société dans laquelle ils sont écrits, et pour cette raison, ils incluent souvent des thèmes sociaux et politiques.

Dans son œuvre « Pourquoi j’écris ? », George Orwell nous dit ce qui suit : « J’écris parce qu’il y a un mensonge que je veux exposer, un fait sur lequel je veux attirer l’attention, et ma première préoccupation est d’obtenir un auditoire. » Cependant il ajoute aussitôt : « Mais je ne peux pas faire le travail d’écriture d’un livre, ou même d’un article, si ce n’est pas une expérience esthétique. »

Quand on a vécu les dix ou quinze dernières années en France et qu’on a la démangeaison de la littérature, on ne peut pas s’empêcher d’écrire des romans noirs, car partout où l’on regarde on ne trouve que mensonges et décadence dans une nation jadis grande qui ne mérite pas l’une des pires classes politiques de l’Europe, qui n’a qu’un seul parallèle, c’est l’infâme cortège de fonctionnaires et de commissaires qui dirigent celle-ci sans avoir été élus, si, aujourd’hui, on peut encore parler d’une élection pleine et légitime dans les démocraties dites libérales qui la composent.

De ce besoin incontrôlable ont émergé les deux derniers volets de la série noire « Alba Longa », qui tentent de montrer les premiers symptômes du chaos qui s’annonce ; même si, pour parler honnêtement, je n’ai jamais préssenti, pas même dans les pires cauchemars que de tels signes pouvaient déclencher, les véritables dimensions de la catastrophe qui menace de s’abattre sur le pays et le continent à cause de leur incompétence et leur mauvaise foi.

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TRAHISON

Alba Longa hocha légèrement la tête:

  – « Je dois avouer, concéda-t-il, que j’ai toujours été un Européen convaincu, persuadé que cette diversité de langues et de cultures allait nous donner un élan nouveau et irrésistible et que, si nous arrêtions une fois pour toutes de nous confronter les uns aux autres, nous allions créer une civilisation splendide dans laquelle nous aurions tous une place et une réalisation raisonnable de l’individu serait possible. Cependant, la crise grecque a signifié ce que vous dites : une chute des masques. Cette Europe qui se prépare n’est en aucun cas celle que nous avions imaginée, celle que nous avions espéré créer contre vents et marées.

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« Le Pouvoir Caché des Sociétés Secrètes : Mythe ou Réalité dans les Sociétés et Institutions Modernes ? »

Les sociétés secrètes ont toujours fasciné l’imaginaire collectif, évoquant des images de mystère, de rituels obscurs et d’influences clandestines. Alors que certaines considèrent ces organisations comme des vestiges du passé, d’autres théorisent sur leur présence persistante au sein des sociétés et institutions modernes. Cet article examine le concept du pouvoir caché des sociétés secrètes, en explorant des exemples spécifiques qui ont alimenté les spéculations à travers l’histoire.

1. Skull and Bones : Une Élite Énigmatique à Yale

La société secrète « Skull and Bones » de l’université de Yale est l’un des exemples les plus cités de l’influence des sociétés secrètes dans les cercles de pouvoir modernes. Fondée en 1832, cette organisation exclusive a compté parmi ses membres des personnalités influentes, dont des présidents américains tels que George W. Bush et John F. Kerry. Les rituels mystérieux et les liens familiaux étroits entre les membres ont alimenté les spéculations sur son influence sur la politique américaine.

2. La Franc-maçonnerie : Un Réseau Mondial de Pouvoir ?

La franc-maçonnerie, une société secrète vieille de plusieurs siècles, continue d’exister dans le monde moderne. Avec des membres notables tels que George Washington et Voltaire dans son passé, la franc-maçonnerie est souvent vue comme un réseau influent qui opère dans l’ombre. Cependant, son rôle exact dans les sphères politiques et économiques reste un sujet de débat.

3. La Bohemian Grove : Rencontres Élitistes sous les Arbres de Californie

Bien que souvent décrite comme un club plutôt qu’une société secrète, la Bohemian Grove attire l’attention en raison de ses membres influents, parmi lesquels des leaders politiques, des hommes d’affaires et des artistes. Cette retraite annuelle en Californie implique des rituels théâtraux et des rencontres informelles, suscitant des interrogations sur l’influence qu’elle pourrait exercer sur la politique mondiale.

4. Les Illuminati : Un Mythe ou une Réalité Moderne ?

Les Illuminati, une société secrète qui aurait existé au XVIIIe siècle, sont souvent évoqués dans les théories du complot modernes. Certains affirment que cette organisation secrète continue d’exercer une influence cachée sur les gouvernements, les médias et l’économie. Cependant, il est essentiel de souligner que les preuves tangibles de l’existence actuelle des Illuminati font défaut.

5. Le Club Bilderberg : Des Élites Mondiales derrière des Portes Closes

Le Club Bilderberg, une conférence annuelle réunissant des personnalités influentes du monde politique, financier et académique, est souvent cité comme un exemple d’influence secrète. Quoique ses réunions ne soient pas secrètes, le manque de transparence sur les discussions a suscité des inquiétudes quant à l’influence réelle du club sur les décisions mondiales.

Bien que les sociétés secrètes aient joué un rôle historique indéniable, il est crucial d’exercer un discernement critique lorsqu’on évalue leur influence présumée dans les sociétés modernes. Alors que certaines de ces organisations sont clairement établies et ont eu des membres influents, d’autres peuvent être le produit de spéculations. Dans l’ensemble, la question du pouvoir caché des sociétés secrètes reste un sujet complexe, teinté de mystère et de controverses, qui continue de captiver l’imaginaire collectif.

« Les masques parlent toujours avec un accent anglais » est une œuvre de fiction qui développe cette thématique dans le domaine du roman policier. Vous pouvez l’acheter en cliquant sur ce lien :

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« Notre-Dame de Paris : Un Mystère en Flamme – Théories sur l’Incendie du 15 avril 2019 »

L’incendie de Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019 a été un événement dévastateur qui a ému le monde entier. Le feu a englouti une partie importante de cette cathédrale emblématique, suscitant des interrogations et alimentant diverses théories sur ses origines. Alors que l’enquête officielle a conclu à un accident, de nombreuses spéculations ont émergé, alimentant le mystère qui entoure cette tragédie architecturale.

L’une des premières théories avancées suggère qu’un court-circuit électrique aurait pu déclencher l’incendie. La cathédrale était en cours de rénovation, et certains ont avancé que des équipements électriques défectueux pourraient avoir été à l’origine du sinistre. Cependant, cette explication n’a pas réussi à apaiser toutes les inquiétudes, car beaucoup se demandent comment un incendie aurait pu se propager aussi rapidement.

Une autre théorie suggère qu’une cigarette mal éteinte sur le chantier de rénovation ou des travaux de soudure pourraient être à l’origine de l’incendie. Les travaux en cours ont peut-être créé des étincelles, enflammant des matériaux inflammables à proximité. Cependant, cette théorie soulève des questions sur les protocoles de sécurité et la supervision des travaux.

Certains ont émis l’hypothèse d’un acte criminel délibéré, évoquant la possibilité d’un incendie intentionnel. Cependant, cette théorie n’a pas trouvé de soutien significatif dans les enquêtes officielles, qui ont plutôt mis l’accent sur des causes accidentelles.

Des critiques ont soulevé des préoccupations quant à la préparation et à la réponse des systèmes de sécurité. Certains estiment que les dispositifs anti-incendie et les procédures de sécurité n’étaient pas adéquats pour protéger un trésor historique aussi précieux.

Certains ont avancé des théories plus spéculatives, impliquant des éléments historiques ou symboliques. Pour certains, l’incendie de Notre-Dame a évoqué des parallèles avec des événements historiques antérieurs, tandis que d’autres ont suggéré des connotations symboliques plus vastes.

Bien que l’enquête officielle ait conclu à un accident lié aux travaux de rénovation, le mystère persiste pour certains, alimentant des débats et des spéculations continues. La tragédie de Notre-Dame de Paris a souligné l’importance de la préservation du patrimoine mondial et a suscité des discussions sur la manière de protéger ces trésors historiques pour les générations futures.

Alors que les pierres précieuses de Notre-Dame sont lentement remises en place, les questions sur l’origine de cet incendie continuent de planer, ajoutant une couche supplémentaire de mystère à la longue et riche histoire de cette cathédrale emblématique.

Vu l´état actuel des médias et le dégrée de démocratie qui caractérise les temps qu´on vit, probablement le seul terrain qui nous reste ouvert pour traiter cette catastrophe incommensurable soit la fiction. Voici mon apport :

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« Le Père Goriot » de Balzac : Un Chef-d’œuvre de la Comédie Humaine

En résumé, Le Père Goriot décrit l’apprentissage de Rastignac et le sacrifice d’un père dans une société parisienne gouvernée par l’argent, l’ambition et le rang.

Rastignac, Goriot et la société parisienne

Honoré de Balzac, l’un des plus grands écrivains de la littérature française, a laissé un héritage littéraire exceptionnel avec sa monumentale série de romans et de nouvelles intitulée « La Comédie Humaine ». Parmi ses œuvres les plus emblématiques figure « Le Père Goriot », un roman qui transcende le temps et l’espace pour offrir une exploration profonde de la société, de la cupidité, et de l’amour.

Publié en 1835, « Le Père Goriot » est un pilier de la littérature réaliste du XIXe siècle. Il se déroule à Paris, dans une pension miteuse appelée la Maison Vauquer, où une variété de pensionnaires, du noble déchu au criminel, cohabitent sous le regard vigilant de la mystérieuse Madame Vauquer. Au cœur de ce microcosme social se trouve le personnage éponyme, le Père Goriot, un vieil homme autrefois prospère, désormais réduit à la pauvreté.

Le roman est principalement axé sur les destins croisés de deux étudiants ambitieux, Eugène de Rastignac et Anastasie de Restaud, et de leurs interactions avec le Père Goriot. Eugène est déterminé à gravir les échelons sociaux, tandis qu’Anastasie est liée à une famille noble, mais en quête de richesse. Tous deux cherchent à profiter de la générosité du Père Goriot, mais ils se trouvent confrontés à des choix moraux complexes qui mettent en lumière la cupidité et la dureté de la société parisienne.

Balzac excelle dans la création de personnages mémorables, et « Le Père Goriot » ne fait pas exception. Le personnage éponyme, le Père Goriot, est une figure tragique qui incarne la dévotion paternelle à l’extrême. Sa souffrance et sa sacrifice pour ses filles, Delphine et Anastasie, dépeignent une image puissante de la détresse humaine face à l’égoïsme de la société. En contraste, Eugène de Rastignac incarne l’ambition et l’ascension sociale, symbolisant la jeunesse audacieuse prête à tout pour atteindre le sommet de la société parisienne.

Le Paris décrit par Balzac est un monde impitoyable, où la richesse, le statut social et l’apparence sont les seules valeurs qui comptent. Les personnages se perdent dans une quête obsessionnelle du pouvoir et de la réussite, tout en sacrifiant des valeurs morales et familiales essentielles. Les thèmes de l’avidité, de la tromperie et de la corruption imprègnent le récit, mettant en lumière les imperfections de la société de l’époque.

Un élément clé de « Le Père Goriot » est la métaphore de la pâte de verre, qui symbolise les transformations que subissent les individus lors de leur ascension sociale. Cette image récurrente souligne le contraste entre l’apparence extérieure et la fragilité intérieure, incitant le lecteur à réfléchir sur les sacrifices nécessaires pour réussir dans une société corrompue.

Ainsi, « Le Père Goriot » de Balzac est un chef-d’œuvre littéraire qui continue à captiver les lecteurs par sa profondeur psychologique, sa peinture minutieuse de la société parisienne du XIXe siècle, et ses personnages inoubliables. Ce roman fait partie intégrante de « La Comédie Humaine » de Balzac, une série de textes qui explore la diversité et la complexité de la condition humaine. « Le Père Goriot » reste un témoignage saisissant de l’ambition, de la cupidité et de la déchéance dans une société obsédée par la réussite sociale, et demeure un classique intemporel de la littérature française.

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L´ARRIÈRE PLAN POLITIQUE ET SOCIAL DE LA SÉRIE ALBA LONGA.

Les Antilles françaises s’enflamment. Les images qui nous parviennent sont choquantes : des voitures et des bâtiments en feu, des piquets de grève filtrant la circulation dans les ronds-points et tirant à balles réelles sur la police, des véhicules blindés patrouillant dans les rues, des tourniquets d’hélicoptères sifflant dans le ciel nocturne, et le gouvernement envoyant des forces spéciales et des unités antiterroristes pour écraser, selon la façon dont ils sont formés,  la rébellion.

Dans la métropole, journalistes, commentateurs, polémistes et autres agents de l’autorité s’empressent de déclarer que la situation de ces départements d’outre-mer ne risque pas d’être transmise à la métropole. Non ? N’a-t-on pas vu des images similaires de ce côté-ci de l’Atlantique pendant trois années consécutives ? Les Champs-Elysées n’ont-ils pas été enflammés, samedi après samedi ? N’ont-ils pas mis le feu aux principales avenues de toutes les villes françaises de quelque importance avec des voitures et des motos en feu ? De tels événements n’ont-ils pas laissé de tristes séquelles de borgnes et de manchots, à la suite des ordres terribles que les deux gouvernements de Macron ont donnés à la police en charge de la répression ?

 Les raisons qui ont poussé les gens à descendre dans la rue ont-elles disparu ? Loin de là. L’inflation de ces derniers mois, l’augmentation des prix du gaz, de l’électricité, du bois de chauffage, du pain, sans oublier que ce qui a augmenté est tout sauf les salaires, sont des éléments qui nous permettent de supposer que la colère sociale non seulement ne va pas diminuer, mais va augmenter progressivement, étant donné que le gouvernement n’a absolument rien fait pour alléger la situation précaire de la majorité des citoyens. À l’exception de l’annulation de la désastreuse réforme des retraites, bien qu’ils ne cachent pas du tout qu’il ne s’agit que d’un report, qu’ils n’y renoncent en aucune façon et que, dès que Macron sera réélu, ils la mettront en œuvre sans le moindre état d’âme (comme cela fut le cas), car en réalité elle était déjà approuvée et seule l’arrivée de la pandémie a stoppé in extremis la  hache déjà levée par la main du bourreau.

La crise sanitaire a atténué la manifestation de l’agitation sociale, mais elle ne l’a pas fait disparaître. Malgré les restrictions et les obstacles à la libre circulation des personnes, à aucun moment les tumultes et les manifestations de grief contre ce pouvoir hautain et hypocrite, manipulateur et méprisant, loup déguisé en mouton pour mieux surprendre et dévorer le peuple, lequel, soit dit en passant, était, avec ses prédécesseurs du même acabit,  qui a coupé les allocations de l’hôpital public jusqu’à le rendre exsangue.

Cette crise sanitaire est certainement, à tort ou à raison, un prétexte de plus pour lancer la machine du mécontentement contre l’autre machine de la tyrannie, qui est entretenue par la propagande et les armes sophistiquées de la police anti-émeute. Mais ce n’est pas tout, comment pouvons-nous faire confiance à ceux qui ont perdu tout vestige de honte et le sens de l’honnêteté, de la justice et de la loyauté ? Les gens imaginent des choses, et à ce stade, comment peut-on leur reprocher de le faire ?

 Dans notre analyse du contexte politique français actuel dans la série Alba Longa, en particulier dans ses deux derniers volets, La maison d´en face et Les masques parlent toujours avec un accent anglais, nous pensons que nous ne nous sommes pas trompés dans le diagnostic, qui, soit dit en passant, continue de se confirmer. Macron a été choisi par l’élite financière (toute la France a été tapissée de la publicité de cet individu et cela n’a été fait ni gratuitement, ni constitua une gratia gratis data), pour mener, contre vents et marées, la politique ad hominem que les partis traditionnels, représentants des droits de cette élite oligarchique, s’étaient montrés incapables de mettre en œuvre. Le risque, c’était l’explosion sociale dans une citerne d’essence. Et ils n’ont pas hésité à le faire. Cependant, les conséquences pourraient être imprévisibles. Ce qui se passe aux Antilles n’est certainement pas le début, ni la fin.

La seule solution, à mon avis, c’est qu’il tourne la tête, comme un sage, et qu’il regarde ce que son prédécesseur a fait à la fin de son mandat.

P.S. Cette traduction a été faite bien plus tard et force est de constater qu´il n´a rien fait de cela, que, de manière absolument incroyable (dans le vrai sens du terme) il a été réélu et que la situation, comme prévu, est devenue infiniment pire.  

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LES MASQUES PARLENT TOUJOURS AVEC UN ACCENT ANGLAIS.

Clara Bardés, petite-fille d’un célèbre peintre aujourd’hui décédé, a été engagée pour restaurer une série de tableaux, certains datant du Moyen Âge, conservés dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. Dans ce décor particulier, elle fit la connaissance d´un homme hors du commun: « C’était un vieil homme imposant, énorme, dont la jauge impactait même vu du haut de l’échafaudage dans lequel elle se trouvait. Il portait l’habit traditionnel noir jusqu’aux talons des ecclésiastiques conservateurs, sur lequel brillait, presque, une chevelure un peu fine et tremblante, mais d’une blancheur invraisemblable. Cependant, ce qui était le plus frappant chez lui, c’était la géométrie irrégulière de son visage formidable. En effet, ses arcs ciliaires avaient une disproportion si marquée qu’ils décomposaient absolument l’harmonie de l’ensemble, la déshumanisant, lui donnant l’apparence vague d’un batracien monstrueux et gigantesque. En fait, à ce moment précis, Clara avait commencé à l’appeler, dans son cœur, Monseigneur Batracien. Pourtant, ses globes oculaires, lents et volumineux comme deux pleines lunes, reflétaient une intelligence surhumaine. » Mais il ne sera pas le seul personnage excessif à défiler dans ce roman: Au cours d’une visite qu’elle effectue seule dans la partie supérieure du bâtiment, alors que les touristes sont déjà partis, elle y remarque la silhouette difforme d’Ergaster, un tortionnaire pervers qu’elle croyait mort et dont elle aurait pu être, trois ans auparavant, une victime de plus, avec le professeur Alba Longa, sans l´intervention au dernier moment du commissaire Tynianov. La cathédrale s’est refermée derrière elle et le criminel, qui ne l’avait apparemment pas vue, est resté à l’intérieur. Une fois dans son appartement, terrifiée, elle appela Alba Longa et celui-ci contacta Tynianov. Entre les trois, tirant le fil de la présence dans la cathédrale de ce meurtrier, spécialiste de la soi-disant « mort aux mille coupures », ils découvrent une terrible conspiration, dont les conséquences désastreuses sont attendues pour les prochains jours.

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« Le Diable Boiteux » de René Le Sage : Un Voyage Satirique dans le Monde de la Morale

Au sein du vaste paysage de la littérature, « Le Diable Boiteux » de René Le Sage brille comme un joyau de la satire et de l’ironie. Cette œuvre captivante nous plonge dans un univers où la morale, les travers humains et la société du XVIIIe siècle sont passés au crible d’un regard acéré et plein d’humour.

Le titre même, « Le Diable Boiteux », éveille la curiosité du lecteur et annonce l’intrigue intrigante de l’œuvre. Le personnage éponyme, Asmodée, offre au protagoniste, Cléofas, un regard impitoyable sur les secrets les plus sombres de la société espagnole. La boiterie d’Asmodée devient une métaphore visuelle du déséquilibre moral qui réside sous les dehors de respectabilité.

L’œuvre est écrite sous la forme d’une conversation entre Cléofas et Asmodée alors qu’ils survolent la ville de Madrid. Cette structure narrative ingénieuse permet à Le Sage de dévoiler une série de tableaux vivants décrivant les mœurs, les faiblesses et les vanités de la société. Chaque anecdote révèle un coin caché de la morale humaine, tout en offrant une satire cinglante des travers de la société.

L’humour est une arme puissante dans « Le Diable Boiteux ». Le Sage use de la satire pour dénoncer les hypocrisies, les mensonges et les artifices sociaux qui dominent la vie quotidienne. La société espagnole du XVIIIe siècle est représentée avec un mélange de réalisme et de caricature, créant un tableau vivant de la condition humaine dans toute sa complexité.

L’un des aspects les plus remarquables de l’œuvre réside dans la manière dont Le Sage explore la dualité entre l’apparence et la réalité. Sous la surface des apparences se cachent des secrets inavouables et des vérités désagréables. « Le Diable Boiteux » remet en question la notion même de vertu et de morale, soulignant la fragilité des constructions sociales et l’importance de se méfier des jugements hâtifs.

L’œuvre ne se contente pas de critiquer la société, elle propose également une réflexion profonde sur la nature humaine. À travers les histoires de Cléofas et Asmodée, Le Sage nous pousse à examiner nos propres actions et motivations. Il souligne la difficulté de maintenir l’intégrité morale dans un monde où les tentations et les contradictions abondent.

« Le Diable Boiteux » transcende les époques et les cultures. Bien que l’action se déroule au XVIIIe siècle en Espagne, les thèmes abordés restent pertinents et universels. Les questions de l’apparence, de la morale et de la complexité de la nature humaine continuent de résonner avec les lecteurs d’aujourd’hui, offrant une réflexion intemporelle sur la société et sur nous-mêmes.

En conclusion, « Le Diable Boiteux » de René Le Sage est une œuvre littéraire qui allie la satire piquante à une réflexion profonde sur la morale et la nature humaine. À travers le prisme des aventures de Cléofas et d’Asmodée, Le Sage nous offre une exploration fascinante de la société espagnole du XVIIIe siècle tout en soulevant des questions éternelles sur la moralité et la vérité. Cette œuvre perdure dans le temps comme un témoignage du pouvoir de la satire pour éclairer les coins obscurs de la société et de l’âme humaine.

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TRADUCTION DU PREMIER CHAPITRE DE « LAS MÁSCARAS HABLAN SIEMPRE CON ACENTO INGLÉS.

LES MASQUES PARLENT TOUJOURS AVEC UN ACCENT ANGLAIS

AΝΑΓΚΗ

PREMIÈRE PARTIE

I

   Deuxième année du règne de Macron. Comme nous l’avions annoncé dans le livre précédent, la France est sous le signe du chaos et de la désolation. Pour le vingtième samedi consécutif, les rues de Paris et les principales villes de la nation sont le théâtre d’un affrontement, violent et sans concessions, entre un peuple et une police qui s’est inconditionnellement mise sous les ordres d’une élite ; laquelle, par une procédure antidémocratique et corruptrice d’un système politique déjà défectueux, s’est emparé illégitimement de tous les organes du pouvoir et n’est pas prête à céder d´un pouce aux protestations massives de tout un corps social, dont le niveau de vie a été dangereusement dégradé par les différents gouvernements précédents, dans lesquels elle dominait déjà,  mais pas avec l´arrogance, avec l´effronterie et le mépris absolu et sans faille actuels, complètement dépourvue à présent de tout sentiment humanitaire envers  ceux qui n’ont pas d’autre choix que de vivre du travail salarié.

   La confiance d’un peuple dans ses institutions a été irrémédiablement brisée et, au mieux, il faudra des décennies, peut-être des générations, pour se reconstruire. La réalité que, il y a seulement quelques mois, les masses ne voyaient pas, ou ne voulaient pas voir, apparaît actuellement avec des contours, si clairs et éblouissants, qu’ils nuisent à la vue du contemplateur et seulement avec une dose excessive, débridée, d’hypocrisie et d’impudeur, les médias, également sous l’attelle de cette élite qui les finance et les possède,  croient qu’ils peuvent atténuer les effets d’une révélation aussi percutante et puissante; mais avec cela, ils ne parviennent qu’à allonger et à approfondir le gouffre qui sépare la majeure partie des masses populaires des sources officielles d’information, de toute forme de discours qui émane du pouvoir établi, sauf de celui qui propagent, plus ou moins librement, les nouveaux instruments de communication, à travers Internet et les dernières technologies. Pour cette raison, de nombreux journalistes sont violemment expulsés des manifestations.

   Chaque samedi, le cœur des grandes métropoles françaises, dont Paris, est enveloppé du voile de gaz lacrymogène, de la fumée des voitures et des bâtiments en feu ; résonne avec l’explosion de grenades de désencerclement, de tirs LBD, de proclamations, de slogans, d’insultes, de défis, de provocations; il est orné des couleurs variées des drapeaux les plus divers et les plus opposés, des bannières griffonnées et du colza jaune qui, autrefois, ces mêmes élites, ont eu le malheur d’imposer, selon la lettre de marque consistant à faire un catalogue exhaustif de bonnes intentions, afin de les exploiter industriellement et de faire un commerce lucratif et exclusif avec eux. Aujourd’hui, chacun possède un de ces gilets jaunes, par obligation, « par opus », par nécessité. Et ils peignent les villes d’un printemps acide, de citron ou de colza, en jaune.

   La police anti-émeute a reçu l’ordre de viser les visages des manifestants, dans le but évident de semer la terreur, de mettre fin aux manifestations au moyen de l’arme de l’horreur et de l’épouvante. Il y a déjà une vingtaine de personnes éborgnées, à cause de ces balles en caoutchouc, plusieurs pieds et mains arrachées, par l’explosion de grenades lacrymogènes. Et les commandants de police porteront devant l’histoire l’incommensurable responsabilité d’avoir obéi à de tels ordres venant d’une maigre minorité dirigeante qui, pour sauver leurs privilèges, n’hésite pas à déshonorer la Nation devant le monde, à mutiler, à battre, à humilier les citoyens mêmes qu’elle a l’obligation de protéger et de gouverner. D’innombrables témoignages explicites montrent la police pointant, sans aucun besoin, vers le haut, vers le visage de ceux qui sont là, dans la rue qui appartient à tous, pour défendre le pain et l’avenir de leurs enfants.

   Derrière la police anti-émeute se concentrent les hordes de la BAC, prêtes à la razzia par surprise, à l’assaut fulgurant, frappant avec les matraques, avec les mains, qui pousse et renverse avec leurs corps blindés par toutes sortes de protections, qui choisit une victime, qu’elle soit masculine, féminine ou adolescente, pour la jeter au sol de quelque manière que ce soit, en la culbutant, en lui faisant un croche-pied, la tirant des cheveux, si c’est une femme, car ils offrent une meilleure proie, puis ils la traînent au le sol, la couvrent, la cachent des yeux et des cameras des passants, lui cognent la tête contre le sol, la tiennent avec le genou, avec tout le poids de leurs corps. Enfin, ils entourent les noyaux des manifestants, les enserrent et lancent des grenades lacrymogènes au milieu d’eux.

   Mais aujourd’hui, une dictature ne peut durer longtemps, même si elle s’habille de l’habit solennel d’une pseudo-démocratie, d’un substitut grossier à la démocratie, même si elle est dotée d’un appareil de propagande redoutable et tout-puissant, parce qu’il y a Internet et les téléphones portables qui filment et diffusent, sur place, les scènes qu’ils capturent, à la Ville et au Monde.

   L’oligarchie, qui avait cru à la fin de l’histoire, c’est pourquoi elle a progressivement laissé tomber une partie du masque, le voile pieux et occasionnel qui cachait sa laideur morale, est maintenant menacée dans son cœur, dans sa moelle, dans toute l´extension du temple où le dieu du mensonge, de la propagande, est vénéré, le mythe creux et l’égoïsme absolu, de sorte que, face à l’urgence, cela ne la dérange pas de laisser tomber le reste du masque et de faire un usage ouvert et sans ambigüité de la violence tant qu’il conserve la maîtrise de la force.

   Cependant, la responsabilité de tout ce mépris, de tout ce désordre superlatif, ne peut être assumée par un seul homme. Bien que cet homme, Macron, ait contribué, avec une efficacité redoutable, par des formules discursives absolument délirantes, redoutables dans son irresponsabilité, par une attitude gratuitement provocatrice dont l’arrogance excessive ne peut être comparée, selon un journal britannique, qu’à son incompétence, à verser, non pas de l’huile sur le feu, mais de l’essence, du kérosène, sur toute une société en flammes, sur une nation qui brûle des quatre côtés, sur un peuple enflammé par une raison hautement combustible, précisément à cause de son haut degré de vérité et de justice dans ses revendications.

   Non, il ne suffit pas d´un seul homme pour générer une telle dimension dans le chaos, dans l’exaspération généralisée, dans la confrontation de tous les corps et couches de la société et même de ses institutions. Il fallait aussi qu’il soit entouré, comme dirait un grand écrivain latin, de la clique la plus spectaculaire de combinards que l’on puisse imaginer. Jamais dans la vie du monde un tel troupeau d’incompétents n’a été vu pour monopoliser complètement tous les postes de responsabilité de l’une des grandes nations de la planète. On dirait qu’en raison de l’absence d’un véritable parti politique de tradition derrière ce pauvre gouvernement, la totalité absolue des hautes fonctions de l’État, y compris les ministères, ait été conférée aux écoliers qui, lors des dernières élections présidentielles, ont frappé aux portes des maisons pour faire la propagande électorale au bénéfice de leur candidat. De ce candidat qui refusait de participer aux primaires d’un parti dans lequel il n’avait jamais milité et auquel il n’avait jamais cru, mais qui lui était très utile pour se grandir et aussi pour embrouiller tout autour de lui.

   Ce peloton d’imberbes, de bambins en politique, d’enfants gâtés par un berceau de privilégiés, se sont retrouvés, du jour au lendemain, sans délai ni préparation, des ministres de tel ou tel portefeuille, des sous-secrétaires de ceci ou de cela, des conseillers de n´importe quoi. Et ensemble, ils ont créé, en quelques mois, la plus grande des crises qui ait éclaté dans le monde occidental après la Seconde Guerre mondiale.

   Pire encore, ils sont au premier rang pour résoudre ce qu’un homme avec les tripes d’un De Gaulle ou d’un Mitterrand n’aurait peut-être pas suffi.

   Quand ceci sera fini, comment ne pas demander des responsabilités, non pas à ce troupeau d’écoliers, mais aux plus hauts étages de la finance et des médias qui ont rendu possible, à force des millions investis dans la propagande, que cela se produise ?

   Dans le même temps, à l’Union européenne, les vents contraires n’ont jamais soufflé avec une telle fureur et les élections prévues le 26 mai menacent de déclencher une tempête sans précédent. Les Britanniques n’ont pas encore réussi à en sortir. Ils se retrouvent entre deux portes, dans une situation transitoire inconfortable qui génère une frustration dont le contour déborde de celui des îles et s’étend jusqu’au continent. Cependant, ce serait pire s’ils réussissaient à partir à la fin et qu’il ne se passait absolument rien. Bien que, le vrai chiffon bouillonnant, lancinant, la véritable catastrophe de désintégration, serait le fait que, non seulement rien ne se passe, mais si, au contraire, ils devaient se porter mieux.

   Les pays d’Europe de l’Est ne tolèrent plus l’immigration sauvage. Les classes moyennes du Sud en ont assez de payer des impôts, de ne pas en voir les avantages et de s’appauvrir à l´œil nu. Seuls l’Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark et les pays devenus des paradis fiscaux s’en sortent bien. Mais un homme est un vote et les mélodies, litanies et autres chants du politiquement correct ne sont plus aussi efficaces qu’ils l’étaient autrefois, avant la révolution de 2018.

   La situation est grave.

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DILEMME

   Mauricio de Sully est allé, seul, lundi soir, vérifier si Fabrice était revenu. Pourtant, rompant sa parole envers John Temple Graves, il n'a pas appelé la police. Ces derniers temps, suffisamment de scandales ont impliqué l'Église pour qu'elle commette une erreur due à une précipitation pas entièrement justifiée et à l'égard d'un simple sacristain. S'il est arrivé quelque chose à ce salopard, c'est bien mérité, car au fond, ce n'est qu'un con. Avec tout le temps dont il dispose depuis qu'il est ici pour réaliser l'astracanada d'autrefois, il lui vient à l'esprit de le réaliser précisément à ce moment crucial et, j'oserais même dire, dramatique. Quelle blague le pélafustan nous a préparée. Quelques jours avant ce qui va se passer dans cette même cathédrale, qui va bouleverser le monde, et ici il nous envoie à la police, rien de moins, la police, pour mettre le nez dans tous les coins du bâtiment à la recherche de ce voleur que Dieu confond. Non, il y a des gens qui ont définitivement le don d’opportunités.

   Irrité, le recteur archiprêtre se retira dans ses appartements et, malgré tout, dormit sur ses deux oreilles.

   Le lendemain, il se réveilla frais et dispos, sans y penser le moins du monde. Après avoir lavé le visage compliqué qui lui appartenait, il se rendit à la salle à manger à la recherche du petit-déjeuner et des journaux du matin. Comme d'habitude, tout était déjà prêt. Il versa à ras bord un verre de jus d'orange fraîchement pressé et le but d'un trait. Il le remplit à nouveau, mais cette fois, avant de le terminer, comme il le faisait habituellement, avec rapidité et détermination, il tendit la main et jeta un coup d'œil aux gros titres du premier journal. Il est devenu blanc. Ses globes oculaires semblaient vouloir sortir de leurs orbites et tomber, comme des balles de ping-pong, sur la table. Tous les journaux publiaient des titres identiques ou similaires. "Vague de disparitions à Paris intra-muros. Pas moins d'une demi-douzaine ont été recensées en vingt-quatre heures et la police soupçonne qu'il y en aura davantage." Puis il lit les détails : « Selon les médias officiels, les disparitions se sont toutes produites dans le rayon d'action indiqué, bien que dans les scénarios les plus hétérogènes, la rue, le métro, un cinéma et même l'intérieur d'une maison privée. Jamais dans l'histoire de la criminalité une telle activité n'a été enregistrée. L'ensemble de la police parisienne est en état d'alerte maximale et la plus grande prudence est fortement recommandée, en évitant par exemple de se déplacer seule, dans des lieux éloignés et solitaires. Les victimes n'ont pas de profil précis. N'importe qui peut être considéré en danger.

   Monseigneur de Sully était stupéfait. Cela ne l'a pas empêché d'avaler, comme toujours, le verre de jus et de mettre tout le petit-déjeuner entre sa poitrine et son dos, sans en perdre une seule miette.

   Il est ensuite allé chercher la clé de l'appartement sacristain et procéder à un dernier contrôle.

   Comme il le craignait, elle était vide et le lit était aussi fait que la veille. Il n'est pas revenu, le gros salaud. Si vous m'obligez à appeler la police et qu'il ne vous arrive rien, je vais vous frapper avec un de ces cigares… Un cigare que même Fidel Castro n'aurait pu rêver de fabriquer au pays même du cigare. Un cigare que le danseur sacristain qui nous a assigné ne pourra pas le tenir à deux mains. Il passera un an à faire sonner les cloches de la cathédrale, manuellement, à l'ancienne.

   Il retourna dans la salle à manger et posa son téléphone portable devant lui, sur la nappe blanche. Noir sur blanc. Voilà à quel point il était divisé. Si j'appelle, je mets en danger quelque chose de très important, une opération sans précédent et je cours même le risque de m'attirer les foudres de l'Ennemi Invétéré, qui pourrait m'accuser de trahison. D’un autre côté, le plan de la Véritable Église pourrait s’effondrer. Et tout ça pour un sacristain. Non, si la chose contient des œufs. Wow, il les a.

   De l'autre côté de la balance, si je n'appelle pas, compte tenu des circonstances, je pourrais même me retrouver sur le banc des accusés pour non-assistance à personne en danger. De plus, si le projet continue malgré tout son cours et se concrétise, une telle attitude pourrait éveiller les soupçons de la police, qui traiterait l'affaire du point de vue du terrain et des autorités.

   C'est mauvais si je marche et c'est mauvais si je ne marche pas. Faire? Parce que, quelles que soient les circonstances, il faut toujours agir, surtout quand quelqu'un a une certaine autorité. L’autorité est une responsabilité. Et où ira le bœuf qui ne laboure pas ?

   Il tendit la main gauche vers son téléphone portable. L'écran s'éclaira et il saisit le code d'accès à l'appareil. Oui, il faudra appeler la police, mais pas n'importe qui. Il a cherché dans son répertoire la bonne personne. Il laissa soigneusement tomber le large bout de son index qui pouvait appeler, si cela était possible, trois contacts adjacents à la fois. Le nom correct est apparu sur l'écran et, au troisième signal, une voix grave et grave a émergé.

-Commissaire Esteban de Velasco, à votre service, Monseigneur.

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Traduction automatique de l’article original. La langue de cette page ne détermine pas celle du livre : les liens d’achat renvoient aux éditions indiquées, y compris dans leur langue d’origine.

FRAGMENT DE « LES MASQUES PARLENT TOUJOURS AVEC UN ACCENT ANGLAIS ».

VIII

   Bemoz et ses lieutenants, ainsi que son équipe opérationnelle et d'autres membres de son entourage, s'étaient vu attribuer un hôtel particulier en périphérie de Paris comme domicile pour la durée des opérations dans cette capitale.

   Assis seul, sous le porche de sa résidence temporaire, devant une table gargantuesque recouverte d'une nappe d'une blancheur aveuglante, il a dévoré le déjeuner que son cuisinier personnel, qui l'accompagnait dans tous ses voyages sur les cinq continents, lui avait préparé ce dimanche-là. Les serveurs venaient périodiquement retirer les assiettes vides, ainsi que les montagnes d'épines et d'os, tout à fait visibles, que le colosse laissait de côté.

   Dans le silence parfait du manoir, seul le chant de l'orchestre des habitants ailés de l'épaisse jungle constituée du jardin qui entourait le bâtiment principal était toléré.

   De temps en temps, un domestique en livrée s'approchait et remplissait le verre qui ne devait jamais être montré vide. Entre les voyages, le domestique s'occupait à déboucher les différentes bouteilles de vin blanc ou rouge, toujours les meilleurs et les plus chers, selon le programme établi. Pour finir, une bouteille de champagne, dont la valeur dépassait le salaire mensuel d'un ouvrier, glaçait dans le réfrigérateur, attendant d'être ouverte au bon moment pour un dessert raffiné.

   Pendant que les puissantes mâchoires de Bemoz mâchaient les différentes friandises avec la puissance et la suffisance d'une machine hydraulique, son cerveau ruminait les derniers événements.

   L'idée de profiter de l'aversion notoire du recteur archiprêtre, Maurice de Sully, pour Viollet-le-Duc s'était révélée géniale. Le résultat obtenu était quelque chose d’inhabituel, d’impensable, apparemment contradictoire et très rentable. Les ennemis invétérés et acharnés collaborent à une cause commune. Bien entendu, de manière ponctuelle et temporaire, tout à fait exceptionnelle.

   L'archiprêtre s'était montré un négociateur intransigeant, il avait négocié à découvert, tant par rapport à l'engagement formel de l'État de reconstruire selon un plan précis, que par rapport à la réaction ultérieure de l'Église, collaborative, certes, mais seulement dans une certaine mesure et limitée dans le temps. Mais l'essentiel était atteint, c'est-à-dire qu'il ne criait pas au ciel et n'appelait pas d'emblée à une croisade. Quoi qu’il en soit, la tête principale de la bête, bien que pas la seule, nous la contrôlons. S’ils décidaient de déroger à une partie des conditions, ils n’iraient pas très loin.

   Maintenant, tout est prêt. Il fallait un combustible spécial pour faire brûler ces poutres anciennes, presque fossilisées. Agni en a déjà un à base d'oxygène liquide dans son tabuco et sait s'en servir. Dans quelques minutes, le toit brûlera comme une torche, illuminant le ciel parisien au crépuscule. Les statues de Viollet-le-Duc ont été enlevées sous le double prétexte d'être restaurées et nettoyées, pour le peuple, et de les empêcher de causer, par leur poids, un plus grand mal en s'effondrant, pour l'archiprêtre. Il fallait promettre qu’ils ne seraient jamais remplacés.  

   Les symboles, non seulement de Paris, mais de toute la France, sont les Tour Eiffel y Notre-Dame. Lorsque les Français verront ce dernier englouti dans les flammes, il y aura une agitation nationale équivalente à une déclaration de guerre. Le pays tout entier sera à bout de souffle et tous les autres soucis et désaccords passeront au second plan. Le corps social restera uni comme un ananas en attendant les instructions du chef de l’Etat. Adieu le carnaval hebdomadaire des gilets jaunes. La révolte sera déracinée, puisque personne ne sort crier dans les rues à bout de souffle. Le reste dépendra de la compétence des hommes politiques, qui recevront certainement en temps voulu des instructions sur la manière de se comporter.

   Une fois la révolution étouffée en France, elle s’éteindra immédiatement dans le reste du monde. Une fois pour toutes, ses Maîtres doivent reconnaître combien il vaut, combien il mérite le pain qu'ils lui donnent et les quelques caprices, bien que coûteux, qu'ils lui accordent.  

   C'était la première fois que Bemoz allait utiliser son nouveau jouet et, compte tenu des caractéristiques particulières de son baptême du feu, il lui avait donné le nom d'Agni. Et Agni restera avec lui pour toujours, décida-t-il. Il y a quelque chose d'ineffable chez l'Indien qui inspire, même à lui, à la bête sortie de terre, une terreur sacrée. Dès le début, il avait senti que cela lui serait d'une grande utilité. Sous son règne, les missions ne manqueront pas. Perdre un tel individu aurait été un gaspillage intolérable.

   Une fois sa mission accomplie, il s'échappera par les égouts tel le rat crasseux et gigantesque qu'il est, sans que personne ne le voie sortir de la cathédrale. Ensuite, une équipe le récupérera et l'amènera ici, où je le mettrai dans son écrin jusqu'à la nouvelle opération. Désormais, il faudra lui donner, de temps en temps, la nourriture dont il a besoin, sans laquelle sa fidélité ne sera pas disponible. Pour cela, il existe des endroits bien plus éloignés que celui-ci et des ennemis dignes de vos soins et de votre attention.

   Après avoir gratté l'os du dernier gigot d'agneau, il le suça bruyamment et le laissa sur la nappe, comme s'il s'agissait d'un couteau de plus, un couteau de boucher sauvage. Il attrapa une serviette et la déplia, l'essuyant d'abord sur sa bouche et son menton, atteignant une partie de ses joues, qui avaient toutes accumulé une énorme quantité de graisse et brillaient comme si la peau était illuminée de l'intérieur, puis ses mains, également collantes. Après cela, il saisit la coupe, qui ressemblait à un calice de masse, et la vida d'un seul coup.

   Immédiatement, le serveur arriva avec les plateaux de gâteaux et la verseuse avec le champagne. Bemoz les a avalés en entier et a bu plus qu'un greeter. Après ce serveur, un autre, puis un autre, enfin un encore, jusqu'à ce qu'un rot formidable et tonitruant, digne du géant Gargantua, mette un terme soudain à tout cela. ballet de livrées, de plateaux et de couverts en argent et en or, l'agitation cessant jusqu'à la tombée de la nuit.    Tout le monde savait que l'ogre ferait une sieste pendant des heures et qu'il pourrait ensuite déboutonner les derniers boutons de sa chemise et respirer profondément. Tant que tout le corps du bâtiment tremblait de leurs ronflements, ils pouvaient profiter d'un moment de sérénité. Puis tout a dû recommencer pour le dîner.

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