TRADUCTION DU PREMIER CHAPITRE DE «LAS MÁSCARAS HABLAN SIEMPRE CON ACENTO INGLÉS.

LES MASQUES PARLENT TOUJOURS AVEC UN ACCENT ANGLAIS

AΝΑΓΚΗ

PREMIÈRE PARTIE

I

   Deuxième année du règne de Macron. Comme nous l’avions annoncé dans le livre précédent, la France est sous le signe du chaos et de la désolation. Pour le vingtième samedi consécutif, les rues de Paris et les principales villes de la nation sont le théâtre d’un affrontement, violent et sans concessions, entre un peuple et une police qui s’est inconditionnellement mise sous les ordres d’une élite ; laquelle, par une procédure antidémocratique et corruptrice d’un système politique déjà défectueux, s’est emparé illégitimement de tous les organes du pouvoir et n’est pas prête à céder d´un pouce aux protestations massives de tout un corps social, dont le niveau de vie a été dangereusement dégradé par les différents gouvernements précédents, dans lesquels elle dominait déjà,  mais pas avec l´arrogance, avec l´effronterie et le mépris absolu et sans faille actuels, complètement dépourvue à présent de tout sentiment humanitaire envers  ceux qui n’ont pas d’autre choix que de vivre du travail salarié.

   La confiance d’un peuple dans ses institutions a été irrémédiablement brisée et, au mieux, il faudra des décennies, peut-être des générations, pour se reconstruire. La réalité que, il y a seulement quelques mois, les masses ne voyaient pas, ou ne voulaient pas voir, apparaît actuellement avec des contours, si clairs et éblouissants, qu’ils nuisent à la vue du contemplateur et seulement avec une dose excessive, débridée, d’hypocrisie et d’impudeur, les médias, également sous l’attelle de cette élite qui les finance et les possède,  croient qu’ils peuvent atténuer les effets d’une révélation aussi percutante et puissante; mais avec cela, ils ne parviennent qu’à allonger et à approfondir le gouffre qui sépare la majeure partie des masses populaires des sources officielles d’information, de toute forme de discours qui émane du pouvoir établi, sauf de celui qui propagent, plus ou moins librement, les nouveaux instruments de communication, à travers Internet et les dernières technologies. Pour cette raison, de nombreux journalistes sont violemment expulsés des manifestations.

   Chaque samedi, le cœur des grandes métropoles françaises, dont Paris, est enveloppé du voile de gaz lacrymogène, de la fumée des voitures et des bâtiments en feu ; résonne avec l’explosion de grenades de désencerclement, de tirs LBD, de proclamations, de slogans, d’insultes, de défis, de provocations; il est orné des couleurs variées des drapeaux les plus divers et les plus opposés, des bannières griffonnées et du colza jaune qui, autrefois, ces mêmes élites, ont eu le malheur d’imposer, selon la lettre de marque consistant à faire un catalogue exhaustif de bonnes intentions, afin de les exploiter industriellement et de faire un commerce lucratif et exclusif avec eux. Aujourd’hui, chacun possède un de ces gilets jaunes, par obligation, « par opus », par nécessité. Et ils peignent les villes d’un printemps acide, de citron ou de colza, en jaune.

   La police anti-émeute a reçu l’ordre de viser les visages des manifestants, dans le but évident de semer la terreur, de mettre fin aux manifestations au moyen de l’arme de l’horreur et de l’épouvante. Il y a déjà une vingtaine de personnes éborgnées, à cause de ces balles en caoutchouc, plusieurs pieds et mains arrachées, par l’explosion de grenades lacrymogènes. Et les commandants de police porteront devant l’histoire l’incommensurable responsabilité d’avoir obéi à de tels ordres venant d’une maigre minorité dirigeante qui, pour sauver leurs privilèges, n’hésite pas à déshonorer la Nation devant le monde, à mutiler, à battre, à humilier les citoyens mêmes qu’elle a l’obligation de protéger et de gouverner. D’innombrables témoignages explicites montrent la police pointant, sans aucun besoin, vers le haut, vers le visage de ceux qui sont là, dans la rue qui appartient à tous, pour défendre le pain et l’avenir de leurs enfants.

   Derrière la police anti-émeute se concentrent les hordes de la BAC, prêtes à la razzia par surprise, à l’assaut fulgurant, frappant avec les matraques, avec les mains, qui pousse et renverse avec leurs corps blindés par toutes sortes de protections, qui choisit une victime, qu’elle soit masculine, féminine ou adolescente, pour la jeter au sol de quelque manière que ce soit, en la culbutant, en lui faisant un croche-pied, la tirant des cheveux, si c’est une femme, car ils offrent une meilleure proie, puis ils la traînent au le sol, la couvrent, la cachent des yeux et des cameras des passants, lui cognent la tête contre le sol, la tiennent avec le genou, avec tout le poids de leurs corps. Enfin, ils entourent les noyaux des manifestants, les enserrent et lancent des grenades lacrymogènes au milieu d’eux.

   Mais aujourd’hui, une dictature ne peut durer longtemps, même si elle s’habille de l’habit solennel d’une pseudo-démocratie, d’un substitut grossier à la démocratie, même si elle est dotée d’un appareil de propagande redoutable et tout-puissant, parce qu’il y a Internet et les téléphones portables qui filment et diffusent, sur place, les scènes qu’ils capturent, à la Ville et au Monde.

   L’oligarchie, qui avait cru à la fin de l’histoire, c’est pourquoi elle a progressivement laissé tomber une partie du masque, le voile pieux et occasionnel qui cachait sa laideur morale, est maintenant menacée dans son cœur, dans sa moelle, dans toute l´extension du temple où le dieu du mensonge, de la propagande, est vénéré, le mythe creux et l’égoïsme absolu, de sorte que, face à l’urgence, cela ne la dérange pas de laisser tomber le reste du masque et de faire un usage ouvert et sans ambigüité de la violence tant qu’il conserve la maîtrise de la force.

   Cependant, la responsabilité de tout ce mépris, de tout ce désordre superlatif, ne peut être assumée par un seul homme. Bien que cet homme, Macron, ait contribué, avec une efficacité redoutable, par des formules discursives absolument délirantes, redoutables dans son irresponsabilité, par une attitude gratuitement provocatrice dont l’arrogance excessive ne peut être comparée, selon un journal britannique, qu’à son incompétence, à verser, non pas de l’huile sur le feu, mais de l’essence, du kérosène, sur toute une société en flammes, sur une nation qui brûle des quatre côtés, sur un peuple enflammé par une raison hautement combustible, précisément à cause de son haut degré de vérité et de justice dans ses revendications.

   Non, il ne suffit pas d´un seul homme pour générer une telle dimension dans le chaos, dans l’exaspération généralisée, dans la confrontation de tous les corps et couches de la société et même de ses institutions. Il fallait aussi qu’il soit entouré, comme dirait un grand écrivain latin, de la clique la plus spectaculaire de combinards que l’on puisse imaginer. Jamais dans la vie du monde un tel troupeau d’incompétents n’a été vu pour monopoliser complètement tous les postes de responsabilité de l’une des grandes nations de la planète. On dirait qu’en raison de l’absence d’un véritable parti politique de tradition derrière ce pauvre gouvernement, la totalité absolue des hautes fonctions de l’État, y compris les ministères, ait été conférée aux écoliers qui, lors des dernières élections présidentielles, ont frappé aux portes des maisons pour faire la propagande électorale au bénéfice de leur candidat. De ce candidat qui refusait de participer aux primaires d’un parti dans lequel il n’avait jamais milité et auquel il n’avait jamais cru, mais qui lui était très utile pour se grandir et aussi pour embrouiller tout autour de lui.

   Ce peloton d’imberbes, de bambins en politique, d’enfants gâtés par un berceau de privilégiés, se sont retrouvés, du jour au lendemain, sans délai ni préparation, des ministres de tel ou tel portefeuille, des sous-secrétaires de ceci ou de cela, des conseillers de n´importe quoi. Et ensemble, ils ont créé, en quelques mois, la plus grande des crises qui ait éclaté dans le monde occidental après la Seconde Guerre mondiale.

   Pire encore, ils sont au premier rang pour résoudre ce qu’un homme avec les tripes d’un De Gaulle ou d’un Mitterrand n’aurait peut-être pas suffi.

   Quand ceci sera fini, comment ne pas demander des responsabilités, non pas à ce troupeau d’écoliers, mais aux plus hauts étages de la finance et des médias qui ont rendu possible, à force des millions investis dans la propagande, que cela se produise ?

   Dans le même temps, à l’Union européenne, les vents contraires n’ont jamais soufflé avec une telle fureur et les élections prévues le 26 mai menacent de déclencher une tempête sans précédent. Les Britanniques n’ont pas encore réussi à en sortir. Ils se retrouvent entre deux portes, dans une situation transitoire inconfortable qui génère une frustration dont le contour déborde de celui des îles et s’étend jusqu’au continent. Cependant, ce serait pire s’ils réussissaient à partir à la fin et qu’il ne se passait absolument rien. Bien que, le vrai chiffon bouillonnant, lancinant, la véritable catastrophe de désintégration, serait le fait que, non seulement rien ne se passe, mais si, au contraire, ils devaient se porter mieux.

   Les pays d’Europe de l’Est ne tolèrent plus l’immigration sauvage. Les classes moyennes du Sud en ont assez de payer des impôts, de ne pas en voir les avantages et de s’appauvrir à l´œil nu. Seuls l’Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark et les pays devenus des paradis fiscaux s’en sortent bien. Mais un homme est un vote et les mélodies, litanies et autres chants du politiquement correct ne sont plus aussi efficaces qu’ils l’étaient autrefois, avant la révolution de 2018.

   La situation est grave.

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